Réflexion sur le suicide, par Leilanna

Réflexion sur le suicide, par Leilanna dans 18. Savoir The_Butterfly_Suicide_by_DoNotAttempt

Le suicide
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La majorité des gens considère le suicide comme le pire des actes et le condamne sans même savoir de quoi ils parlent. Cette idée nous vient évidemment des religions qui, même si elles attirent de moins en moins de fidèles de nos jours, continuent d’influencer nos pensées et nos actes. Qui est le plus à même de choisir que faire de sa vie, que soi-même ? Comment un gouvernement ou l’Eglise se donnent-ils le droit de nous interdire de choisir pour nous-mêmes ?

La vie est précieuse, et bien qu’elle ressemble parfois à un océan de souffrances, elle est souvent illuminée de moments magnifiques et de sentiments éphémères de bonheur, trop importants pour être rejetés. Seulement parfois l’océan nous submerge. Parfois même nous savons que la vie n’a plus rien à nous apporter, ou trop peu comparé à notre douleur.

Comment peut-on dédaigner un paraplégique en lui disant qu’on va essayer de lui assurer un soutien psychologique, et qu’il n’a pas le droit de mourir ? Se met-on seulement a sa place ? Etre prisonnier de son corps, une âme dans un morceau de bois, et en être conscient ; savoir qu’on ne ressentira plus jamais rien, qu’on ne pourra jamais rien faire, qu’il nous reste des milliers de jours a contempler le même plafond en notre seule compagnie, ou celle de nos proches qui se minent le moral à venir nous voir. Peut-être un jour on sourira à demi à la blague d’un infirmier, mais est-ce-que ce sourire vaudrait tant de souffrance ? Comment notre société, prétendue exceptionnellement humaine, est-elle capable de faire endurer tant de souffrances à un individu sous prétexte d’une morale véhiculée par des religions ?

Beaucoup de personnes désirent mourir. Ou plutôt, arrêter de souffrir. Il y en a pour qui une tentative de suicide représente un appel au secours. Certains meurent alors qu’ils auraient eu beaucoup de belles choses à vivre, mais ils ne sont plus la pour le voir. Mais il y en a qui savent que leurs moments de bonheur ne pèsent pas assez lourds dans la balance. Qui savent que quoi qu’ils fassent, ils ne seront jamais  heureux.

Une autre raison pour laquelle nous condamnons ce geste est notre égoïsme. La plupart des sentiments que nous appelons amour ou amitié sont purement égoïstes. On ne veut pas que les personnes qu’on aime se suicident parce qu’elles ne seront plus là. On les traite d’égoïstes eux-mêmes parce qu’ils veulent nous abandonner. Mais il est autant égoïste, voire plus, de vouloir les obliger à vivre en souffrance pour nous. Vivre pour quelqu’un d’autre n’a pas de sens. C’est pour nous-mêmes que nous devons vivre. Personne ne sera là pour endurer nos souffrances à notre place. Et personne n’a le droit de décider pour nous de nos souffrances.

Je vais parler d’un homme que j’ai connu et aime, en tant qu’exemple proche, mais j’ai discuté avec beaucoup de personnes qui souhaitaient mettre fin a leurs jours, non sur un coup de tête, mais après de longues luttes pour la vie et de longues réflexions.

Cet homme était dépressif depuis l’âge de 12 ans, et malgré son amour de la vie, il souffrait trop. Il n’avait pas subi de graves évènements traumatiques, mais avait l’impression d’avoir vécu assez, n’arrivait plus à apprécier les choses, et souffrait de notre société, de l’égoïsme des gens, de leur méchanceté, de ces gouvernements qui laissent mourir notre terre et ne sont intéressés que par l’argent et le pouvoir.

A 20 ans il a décidé de mourir, mais a échoué. A 21 ans il a décidé de recommencer, mais à un mois de sa fin, il m’a rencontrée, et il m’a aimée. Pendant plus d’un an il s’est battu chaque jour pour ne pas se laisser submerger par sa souffrance et pour vivre, pour moi, pour nous. Il ne s’est jamais plaint, sa souffrance psychologique était accompagnée d’une hypersomnie et de maux de tête affreux, mais il a continué, jusqu’à ce qu’il ne puisse plus tenir. Comment aurais-je pu lui dire « Vis. On n’a pas le droit de mourir. » ? C’était un homme merveilleux, qui avait passé la moitié de sa vie à désirer mourir. Il respectait la vie et a toujours affirmé que la vie était précieuse, bien plus que la mort, et il n’a jamais encouragé qui que ce soit à mourir. Il croyait au libre-arbitre de chacun ( par la même occasion, petit lien qu’il affectionnait sur la philosophie de la liberté :

http://www.free-market.net/resources/introduction.html

la version française existe mais avec quelques erreurs de traduction… ) et au droit de choisir de vivre ou de mourir, et de toujours respecter le choix des autres. La seule retenue qu’il a exprimée était envers les parents qui ont la responsabilité d’enfants…

Il s’est tué le 15 Aout 2007, et je sais qu’il est mieux là-haut qu’ici. Evidemment j’ai souffert et souffre. Mais je sais qu’il est en paix désormais alors j’en suis heureuse. Comment peut-on forcer quelqu’un a souffrir si on l’aime ?

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Il n’est pas aisé de s’extraire de la pensée générale et se forger sa propre opinion, particulièrement lorsque nous n’avons pas vécu de situation similaire, lorsque nous n’avons aucune idée de ce qu’il s’agit. Mais nous sommes dotés d’intelligence et pouvons apprendre à ouvrir nos esprits, à devenir tolérants et respectueux des êtres humains qui partagent notre monde.

- Leilanna

14 commentaires à “Réflexion sur le suicide, par Leilanna”


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  1. 0 Coraline 20 août 2008 à 14:47

  2. 1 ainsisoisje 2 sept 2008 à 19:36

    c est encore un sujet très tabou ! ce n est pas toujours facile de comprendre une personne qui ne veut plus vivre, j ‘ai vécu un suicide proche et la culpabiité m a envahie, le pourquoi???? la colère de m’avoir laisser seule! mes enfants, après réflexion, après les années ont simplement conclus que le suicide fait parti aussi de la vie

  3. 2 Syou Plé 12 sept 2008 à 13:44

    Bonjour,

    Il est rare de rencontré une telle sagesse chez une personne. Je crois que si l’abnégation existe, tu en es un parfait exemple. Théoriquement elle ne peut exister, mais je crois que la vie a de ces petits miracles que rien ne peut expliquer mais qui porte un nom : l’amour.

    Je suis très touché par ce texte. Je suis admiratif de tant de respect envers une personne. Je ne sais si je serais capable d’agir ainsi. Ca me laisse perplexe et aucun mot que je possède ne saurait traduire cette pensée.

    Avec tout mon grand respect. Syou.

  4. 3 Azumi 12 sept 2008 à 16:29

    Bonjour Syou,

    Je transmettrai ton commentaire à Coraline, ce texte est entièrement d’elle, elle va l’apprécier j’en suis certaine.

    Bises.

  5. 4 Coraline 10 oct 2008 à 23:32

    Merci Syou, au plaisir d’echanger de nouveau avec toi, et merci pour la musique :)
    Avec mon respect de même,
    Coraline

  6. 5 Julien 24 oct 2008 à 21:09

    Absolument magnifique et très vrai, chacun devrait avoir le droit de mourir comme il le souaite, on a déjà tellement de restriction.

  7. 6 elanor 3 nov 2008 à 1:40

    merci d’avoir posté ce texte qui donne enfin une voix à ce que je ressens depuis si longtemps sans trouver les mots pour apaiser une souffrance condamnée au mutisme

  8. 7 Illandir 5 nov 2008 à 16:43

    Point n’est en moi le don de prescience, je ne puis, en conséquence, exercer l’art médiumnique auquel ose prétendre ces fous qui tentent d’interpréter le sibyllin destin (chose possible, il est vrai, mais qui ne nécessite pas le recours détestable de puissances occultes). Je ne sais si tu liras ce petit commentaire, écrit d’une main fébrile et moite, sans importance aucune ; je ne sais si ma plume saura exprimer avec suffisamment de douceur et de compassion ce que je tente, en vain peut-être, d’expliquer
    Tout d’abord, il me semble nécessaire de le préciser, je fus, moi aussi, maintes fois visité par la mort libératrice, la tentation dite concupiscente de trépasser ; « la vie est vaine et futile, l’existence n’est qu’une pantomime grotesque et absurde qui veut donner du sens à ce qui est vide, inintelligible à l’entendement humain. »
    Telle fut ma pensée autrefois, lorsque je lisais avidement les poètes maudit ou le pessimisme allemand. Pour moi, la vie n’était qu’un flux et reflux continuel de souffrance ineffable, un océan de douleur qui me ballotait en tout sens, tourbillonnait sur lui-même, s’élevait furieusement vers le ciel fuligineux, menaçant de me briser sur des falaises noirâtres et funestes.
    Ainsi je puis comprendre le sentiment qui t’habites et te dévaste. Je tiens donc à t’assurer mon humble respect et mon admiration la plus profonde toi qui a tant souffert.
    Cependant, si tout les arguments que tu avances sont vrais, si mon intention n’est pas de détruire en un revers de main péremptoire et absurde ce qui ne l’est pas, ni même d’ouvrir à nouveau cette plaie qui, j’en suis sûr, n’est pas encore refermée, et d’en faire couler le sang amer de ta souffrance, j’aimerai expliquer le pourquoi de cette infâme interdiction qu’est le suicide, cette condamnation ignoble qui tue plutôt qu’elle n’apaise.
    Une société est un ensemble cohérent d’humain, cela s’entend aisément, qui sont et doivent être maintenus dans un par des règles, des lois. Et pourquoi ? Parce que de cette façon, la société, et par là l’humanité, survit et s’épanouit.
    Ainsi, pour prospérer et perdurer dans le temps, une société doit être ordre et vie.
    Cela est inique, je le sais, d’un caractère effroyable, emplie de cet égoïsme humain que l’on décrie partout en public et adore dans le secret de son âme ; parce que cela flatte l’individu ! Mais cela est.
    La mort guette, inexorable guerrière, et frappe lorsqu’un homme s’effondre et ne se relève pas. Avouons le, nous avons peur de cette mort, de cette ennemi de la vie, ce démon qui a établit sur le faible être humain un joug maléfique ou mirifique selon les points de vue. C’est un fait irréfragable, une douleur froide et dure, lancinante, profonde, humaine.
    Vivre c’est vouloir, vouloir c’est souffrir, disait Schopenhauer. N’est ce pas vrai ? Notre égoïsme, corrélé avec la société de consommation, nous pousse à vouloir encore et encore, toujours plus, toujours rien. Rien que de l’inutile, rien que du factice. Par l’argent, le tout-puissant argent devant qui les soi-disant plus grand de ce monde s’agenouille et implore. Par l’avidité, la cupidité, le vice de l’homme.
    L’essentiel ne s’achète pas, il se donne et se reçoit.
    Il faut savoir glorifier la vie, instaurer des lois, s’empêtrer dans un amas de règles stupides et contraignantes.
    Il faut savoir dépasser tout cela.

    La vie est une chose qui appartient à chacun, qui sommes-nous pour y prétendre des droits ?

    PS:Si, par malheur, mes paroles venaient à provoquer en toi un légitime sentiment de détresse, n’hésite pas même un instant : Frappe ! Déchaîne sur moi la fureur de ton ire !
    Je le mérite, présomptueux que je suis.

  9. 8 Eugène 4 mar 2009 à 2:23

    Basta avec votre philosophie idiote du suicide et de recruter des innocents qui boivent vos paroles debiles , je vous mets dans le même sac que ces sectes qui poussent les gens au suicide. Vous n’aurez pas mon respect , il y a d’autres choses dans cette vie que de pleurer sur son sort !
    Faire un blog si joli sur des idées si laides ! Pourquoi etes vous encore là ? Pour recruter et rallier d’autres gens a vos idées stupides ? Combien se sont donnés la mort en lisant ça , pendant que vous continuez a vivre et à laisser mourir ceux qui passent et qui ont besoin de comprehension pour vivre. Ils ont besoin d’une main et pas de vos poignards !

    Salut humain grotesque !

    PS : Pourquoi besoin d’une adresse mail pour laisser un commentaire ? Pour faire des listes à vendre aux publicistes ?

  10. 9 jade 14 avr 2009 à 17:06

    Nan mais Eugene Tu T’es Prit Pour Qui au Juste !!! On A Tous Une Liberté Ont A tous Le droit de Decider de nos choix! Les Gens Comme Toi Sa me deGoute !!! Ton Respect ont s’en fou!!!

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