Sauvages de Mélanie Wallace

Sauvages de Mélanie Wallace dans 03. Beaux Livres 9782246708414

w3v1j7cp dans 03. Beaux Livres

J’ai quitté les bohémienneries rimbaldiennes, le temps des sauvageries de Mélanie Wallace, le temps de 146 pages – pour le moment – parcourues fébrilement. A noter que ce roman de 342 pages a été publié sous le titre original de Blue Horse Dreaming, titre infiniment plus onirique et lyrique, à mon avis, que Sauvages.

A la lueur des premières pages, Sauvages semble être un récit de l’apocalypse humaine, et de la déchéance d’un fort abandonné dans l’Ouest américain. Puis surgissent, de ces horizons mornes et désertiques, Abigail Buwell, anciennement détenue par les Indiens – les « Sauvages » – ainsi que Constance Smith. La seconde s’estime rescapée de l’enfer terrestre, la première prononcera uniquement la phrase du roman, celle qui martèle son destin : « Je ne veux pas vivre parmi vous ». Enceinte et auréolée de mystère, nul ne peut l’approcher ; sous l’égide d’un splendide cheval rouan aux reflets bleus, elle retarde autant que faire se peut la naissance de cet enfant qu’elle maudit en silence.

Mélanie Wallace nous érige un univers sauvage et cruel, « peuplé » d’hommes tourmentés – le commandant Cutter hanté de visions fantomatiques, les soldats désabusés, le maréchal-ferrant doué de télépathie -, parqués entre des murs décrépis, mince parapet contre la nature impitoyable. Le fort agonise lentement de faim, oublié du monde. Dans les recoins d’ombre, la folie se tient à l’affût – Abigail me semble en être l’ambassadrice.

Dans cette première moitié du roman, nulle part n’apparaît le mot Indiens : tous parlent de « sauvages » et des atrocités qui leur sont immédiatement associées. Nous sommes loin des beaux et fascinants Cheyennes de Jim Fergus : ces Indiens-là sont misérables et faméliques. « Ils n’ont pas de mots pour foi, histoire, ou temps ». Nous avons ainsi une unité entre les hommes blancs et les Indiens : unité dans la détresse de ces hommes livrés à une nature et à un destin qui les dépouillent de leur dignité d’êtres humains.

w3v1j7cp

2 commentaires à “Sauvages de Mélanie Wallace”


  1. 0 Le Gueux 3 août 2008 à 22:03

    Ouaahou;Quel site!

    Génial.
    « Sauvageries », je vais l’acheter.

  2. 1 Azumi 3 août 2008 à 22:14

    Cher Gueux,
    Merci.
    Ne vous trompez pas. Le titre de ce roman est Sauvages, et non Sauvageries.

    A couper le souffle ce roman. On le parcourt fébrile jusqu’au dernier acte. Un chant passionné sur la perte et la douleur. Le portrait d’une femme intemporelle.

    Bien à vous.

Laisser un commentaire


Bonjour et bienvenue !

Bonjour et bienvenue !

Notre Durée : un Instant

août 2008
L Ma Me J V S D
« juil   sept »
 123
45678910
11121314151617
18192021222324
25262728293031

Visiteurs

Il y a 0 visiteur en ligne

Aphorisme d’Hippocrate

La vie est brève, L'art est long, L'opportunité fugitive, L'expérience incertaine, Et le jugement difficile.

Quatre Vertus

Le Courage, la Grandeur d'Âme, le Discernement, la Tempérance

Vous devez être connecté à votre compte pour me contacter


LFF |
laperleipopette2 |
DANSE avec les étoiles |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | ~¤..GiniLine..¤~
| CATGRR
| ma peinture